Au contact des réalités sénégalaises, de jeunes élèves du Québec prouvent qu’il est possible de mondialiser sans chercher à dominer.
Camp Samba Diéry Diallo. La salle polyvalente de l’école élémentaire est animée. Ici, un groupe d’élèves dessine des croquis, là un autre recopie des modèles au tableau. Tout se passe sous la supervision de jeunes Québécois en classe de 4 ème et 5ème de l’Enseignement moyen.
Dans cette école, ils ont, le temps d’un stage de quelques jours, pris la place des maîtres habituels. Âgés entre 15 et 17 ans, ces collégiens québécois, accompagnés de deux enseignants (Claude Leblanc et Denis Ouellette) ont mis à profit leurs vacances scolaires pour venir au Sénégal apporter « leur savoir ». Cela entre dans le cadre d’un partenariat solide entre leur établissement, le Collège Beaubois, et l’école élémentaire du Camp Samba Diéry Diallo à Colobane, Dakar.
Outre l’encadrement et le renforcement des capacités des élèves dans des disciplines comme la Géométrie, la Lecture et l’Expression orale, ces Canadiens sont aussi venus avec un appui en matériels informatiques, didactiques et ludiques. Ce matériel a été réceptionné jeudi au cours d’une cérémonie organisée dans les locaux de cette école.
Ce fut une cérémonie importante, aux yeux du directeur M. Moussa Ndoye, car elle participe « à la réduction du gap numérique ». Les élèves de cette école vont donc pouvoir ‘’taquiner’’ l’ordinateur, le démystifier et se l’approprier.
Pour lui, le voyage effectué par ces jeunes Canadiens, en plus d’être coûteux, constitue un ‘’saut dans l’inconnu.’’ Mais, dira-t-il, ces jeunes sont animés par une réelle envie de soutenir les autres. C’est pourquoi ils ont répondu favorablement à la demande de leurs encadreurs.
Pour Lamine Diop, président de l’Association des parents d’élèves, cet appui en matériels informatiques constitue une bouffée d’oxygène pour eux.
Le Capitaine Diégane Ngom, qui représentait le Général Pathé Seck, Haut Commandant de la Gendarmerie et directeur de la Justice militaire, a rappelé l’importance que ce dernier accorde à cette école qui constitue, selon lui, une référence au niveau national. Il a expliqué que ce geste des Québécois va participer du maintien de l’établissement dans la « station » de l’excellence où elle se trouve.
Fruit d’une coopération tripartite, ce stage initié par des Québécois au bénéfice de Sénégalais est piloté par un Belge, Jean-Marc Quinet, responsable d’une association dénommée ‘’Taxibrousse’’. Pour lui, la vraie mondialisation est synonyme de partenariat. « Ce stage prouve qu’on peut mondialiser sans chercher à dominer », a-t-il souligné.
Grâce aux suggestions du directeur Moussa Ndoye, cet appui a été élargi à l’école élémentaire El Hadji Ibrahima Bèye situé non loin de celle de la Caserne Samba Diéry Diallo. C’est pourquoi Mme Fatou Guèye Diop, la directrice a salué une telle initiative.
Le poste de Santé « And Fagaru » des Parcelles Assainies a, par ailleurs, reçu une aide en matériels médicaux d’une valeur de 4,4 millions de francs CFA.
JOSEPH BIRAME SENE