Le speed jobbing, nouvelle tendance en recrutement
Des séances de rencontres minute pour candidats et employeurs
Si le speed dating peut aider à trouver plus rapidement le compagnon ou la compagne idéaux, de jeunes entrepreneurs audacieux se sont dit que le concept pourrait aussi aider à trouver l'employé idéal. Voici donc le speed jobbing.
Le speed dating consiste à réunir plusieurs hommes et femmes à la recherche de l'âme soeur. Chaque personne a droit à une entrevue de cinq minutes avec chacun des membres de l'autre sexe. Ce qui permet de faire une élimination rapide.
De même, le speed jobbing consiste à réunir en terrain neutre (hôtel, restaurant) 8 à 10 employeurs cherchant à combler des postes et une quarantaine de candidats ayant le profil de l'emploi. Tous les candidats ont droit à une entrevue de huit minutes avec chacun des employeurs. Les candidats retenus sont ensuite conviés à une entrevue plus approfondie.
Une variante de cette formule consiste à organiser une séance de speed jobbing pour un seul employeur. C'est à une de ces séances privées que nous avons été invité, le 6 octobre. Ce matin-là, une trentaine de candidats avaient été conviés par VoiceJob au restaurant Savannah, à Montréal, pour rencontrer cinq recruteurs du courtier et assureur direct Meloche Monnex.
"C'est notre deuxième speed jobbing. Le premier avait été tenu avec d'autres employeurs, mais celui-ci est exclusif", précise Carole Fournier, responsable des recruteurs de Meloche Monnex. La précédente séance de rencontres minute (8 septembre) regroupait notamment l'assureur ING, Sun Life et la Banque Nationale sous le thème de la finance et de l'assurance. Le suivant, le 13 octobre, devait regrouper notamment Microcell, la Banque Nationale et Rogers Communications, sous le thème du service à la clientèle.
Une expérience rentable
Meloche Monnex doit combler 16 postes à son centre d'appels d'ici le 18 octobre, 16 autres d'ici le 29 novembre et sans doute d'autres pour janvier.
"J'ai trouvé l'expérience super intéressante, a lancé Mme Fournier à la fin de l'avant-midi. C'est très professionnel. Comme les candidats ont été présélectionnés par VoiceJob, on épargne beaucoup de temps."
Des 30 candidats interviewés, 24 ont été retenus pour une entrevue l'après-midi même ou le lendemain, aux bureaux de Meloche Monnex cette fois. Mme Fournier prévoyait en embaucher une dizaine. La matinée a coûté 10 000 $ à l'assureur. "C'est très rentable, parce que trois employés référés par une agence de placement nous coûtent autant." Lorsqu'il y a plusieurs employeurs, chacun paie 1 200 $.
Mme Fournier a apprécié l'atmosphère détendue de la matinée : "Les candidats sont plus naturels." VoiceJob avait même invité Roxane Plourde, de Tierra Madre, pour offrir une séance de massage shiatsu aux personnes présentes.
Julie Boutin est une jeune femme de 22 ans plein d'allant qui travaille à temps partiel à l'hôtel Hyatt Regency de Montréal. Le service à la clientèle, elle connaît ça. Elle a hâte de se trouver un emploi à plein temps. C'est pour cette raison qu'elle a accepté l'offre de VoiceJob de rencontrer les conseillers de Meloche.
"C'est trippant au boutte. Je serais pompée pour en faire [de telles séances) deux ou trois autres", a lancé la diplômée en gestion hôtelière, ravie de l'expérience. Elle a d'ailleurs été conviée à une entrevue à 15 heures aux bureaux de Meloche. De son côté, Jim Haggith, diplômé en commerce de l'Université d'Alberta, jure que si on l'invite à un autre speed jobbing, il n'hésitera pas. "C'est très relax. "
Épargner du temps
VoiceJob a été fondée en 2002 par Zakia Messaoudi, vice-présidente informatique, et Hakim Chikh, président. L'idée à la base de l'entreprise est qu'il y a suffisamment de gens n'ayant pas accès à Internet pour justifier la mise sur pied d'un service de recrutement par téléphone.
Les candidats sont donc invités à laisser leur curriculum vitae (CV) dans une boîte vocale. Ils disposent d'une minute pour ce faire. Les employeurs, eux, ont deux minutes pour laisser leur offre d'emploi dans la boîte vocale. Les candidats qui laissent leur CV peuvent consulter les offres d'emploi.
"Les candidats peuvent aussi, par téléphone, envoyer leur CV aux employeurs de leur choix", explique M. Chikh.
De leur côté, les employeurs peuvent écouter les CV et entrer en contact avec les candidats.
VoiceJob exploite aussi son site Internet (voicejob.com) sur lequel les employeurs peuvent publiciser leurs offres d'emploi. Le service jumelé téléphone et Internet coûte 700 $ aux employeurs pour afficher deux offres d'emploi pendant 30 jours. Tout est gratuit pour les candidats.
"Le speed jobbing est une réponse aux employeurs qui nous disent que les entrevues pour recruter leur prennent beaucoup de temps, explique M. Chikh.
"Même si le recruteur se rend compte après cinq minutes que ça ne clique pas avec le candidat, par respect il ne peut pas mettre fin à l'entrevue avant une trentaine de minutes."
Les candidats peuvent consulter le calendrier des événements de speed jobbing à venir sur le site Internet. Ils peuvent y envoyer leur CV par courriel et espérer être invités.
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